Sur un air de Dire.......
Voilà deux ans que l’hiver m’a figé dans mes terres du Néant. Deux ans, c’est dément comme le temps passe vite parfois, ce Temps qui me laisse à peine une seconde pour ouvrir mes yeux sur ma condition que déjà il repart, fuyant devant ma froideur. Deux ans que je suis une ombre errant dans les rues trop brillantes de la Capitale, elle fut belle avant l’hiver, aujourd’hui elle est parfois cruelle. Deux ans pour réaliser que tout vous échappe.
Deux ans.
Ma couverture s’est étoffée de quelques éclats de rire volés au coin d’une cheminée invisible, d’un brasier éphémère, d’une flamme de bougie léchant mon cœur de diamant. Taillé dans le roc, insensible aux appels du large, l’Hiver n’est pas docile.
Deux ans pour réaliser, assimiler et à peine une seconde de silence pour exulter les sanglots, le souffle du blizzard vous oblige à rester droite, sereine, de marbre…Enterrée vivante vous tendez la main vers une montagne inaccessible, qui sait…peut être que les Dieux entendent les cris assourdis de l’Hiver.
Deux minutes à peine.
Deux minutes pour poser sur la banquise quelques émotions, au mieux une goutte de sang au pire une vaine prière. Car tout est vain en terre polaire, même les étoiles rient de mon Infortune humanité. Et le Créateur accroche à mon cou mon propre chemin de croix, celui qu’il est donné de connaître lorsque vous avez trop aimé…pas assez aimé…trop attendu…trop rêvé peut être…
Une Eternité pour songer.
A la Tienne mon Hiver, on est déjà moins seuls au coin de nos regrets, de nos malheurs : notre cheminée est l’élixir des fous qui se prennent encore à espérer…Car l’Hiver m’a tout ôté, si ce n’est ma p…. de conscience.
Babiche