En rapport avec rien
Ce soir j’ai rendez vous avec nulle part.
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Il y a près d’un an et demi que mes mains ont décidé de lâcher sur le clavier de manière presque frénétique des émotions surgies de partout. Notre humble enveloppe corporelle ne serait-elle pas qu’un simple mécanisme au service de ces émotions, nous guidant vers nulle part ? Trop pessimiste. En fait, je ne me le demande plus vraiment. Elles me ballottent de part en part, de visage en paysage, de nuits désertes en ruelles obstruées part trop de carcasses. Le sentiment d’étouffer en quelques instants est balayé par une chaleureuse vague de tendresse. Des coups de klaxonne annihilent les chants lointains des oiseaux. La voiture rouge du représentant s’arrête devant la maison de Madame D. Madame D., elle pourrait sûrement éclairer l’ensemble du quartier de son magnifique talent d’oratrice ratée. Peut être que je j’aurai aimée être Madame D. pour ne pas regretter d’avoir cette voix si peu douée pour le chant. Chanter n’est pas indispensable.
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Quand on pense au reste du monde, à la palpitation des cœurs, aux envies des soumis, à l’absence de désir des enivrés de la liberté. Sommes-nous (serons nous) un jour aussi attentifs que nous voudrions l’être ?
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Je me rends compte que ce rendez-vous avec nulle part vient s’achever ici, sur une page virtuelle laiteuse, comme une fidélité qui t’est acquise, oh Toi, réceptacle assidu de mes pulsions d’écrivain imaginaire. Et dire que tout cela ne tient qu’en quelques mots jetés ici. Je ne sais pas, j’aurai pu les écrire ailleurs ou nulle part…
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Y a pas à faire : l’écriture dénoue des supplices de la conscience. Madame D. est peut être étrangère à cet aspect là de notre emballage humain. Parfois, c’est comme si nous étions prêts à consommer ou à l’être. Le tout est de se demander qui sera consommé, qui consommera ? Qui usera qui ? Qui profitera de qui ? Et surtout, ne pas oublier de se poser ces questions existentielles en se laissant bercer par un Ave Maria, histoire de ne pas trop écorcher la conscience de ceux qui se révoltent contre la réalité d’une partie de nous, nous : êtres « humains ».
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C’est étrange comme nulle part est si proche…tellement éloigné pourtant.