Oh Liberté....
Et pourtant je suis la plus libre des âmes....Rien ne m'appartiens, rien ne me possède, rien ne tiens en ma main, rien ne m'oppresse le corps. Libre...Libre...
Ah, Liberté, nous t'avons tant et tant pleurée, que tu t'accomodes à la perfection à mon hiver de la solitude. Ce sont tes frissons qui me parcours doucement, pour me rappeler chaque heure que je suis ton esclave. Il y a quelques temps, je t'implorais en vain...Je voulais à la manière de l'animal enfermé dans un périmètre étroit, m'envoler, quitter cette cage invisible, cette cage qui a glacé mon coeur....
Aujourd'hui Liberté, tu me fais douter du bien fondé de ta venue en mon Hiver....Certes, tu en as semé les germes, posé les fondements ce dont je te remercie car, je préfère un rigoureux hiver qu'un frivole été....C'est une question éthique, sensible...Tu le savais bien, qu'en me donnant la clef de ma libération j'en userais avec mesure, au moins avec émotion.
Bien ce jour j'avais envie d'écrire que la liberté est parfois le projecteur trop puissant éclairant votre solitude: la preuve en est: je suis libre, et triste....Paradoxe....
Et pourtant, peut être que ce soir je serai heureuse d'être l'épouse de liberté, si un instant de Folie m'emmène dans les rues que j'aime à fouler...Mais ma Folie serait Liberté, tenant en ma main droite Silence, en ma main gauche Solitude. Un drôle de tableau, il s'harmonise étrangement avec le temps de ce jour....avec mon âme déchirée....C'est Le Caravage qui a teinté les remparts de ma vie de ce clair-obscur digne d'un chef-doeuvre...Je ne vois que lui capable de réaliser pareille peinture...
Babiche