Chronique d'un destin peu ordinaire.

Publié le par La_Babiche

Une photo
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Je me rappelle ce jour là où j’ai voulu lui offrir plus de moi. J’ai hésité. Mais je sentais bien qu’il fallait concrétiser ces mots, les prolonger par un regard, peut être une voix, une silhouette. Il restait fragile, parfois désespéré, il redevenait « l’autre », mais n’était plus le « mien »…
Ces émouvants échanges étaient comme des improvisations, je me moquais pas mal de sa profession, de son âge, de sa situation militaire, de ses loisirs. Je voyais bien que nous avions dépassé dès le début ces questions qui tuent un échange profond, la routine avait été balayée par la chaleur de nos deux âmes. Nous étions rêveurs, poètes, artistes et peut être des saltimbanques de l’amour, mais Dieu que nous étions bien lorsque il était apaisé. Je ne crois pas lui avoir parlé un jour de moi. Au mieux, c’était des bribes de ma petite existence qu’il pouvait cueillir dans les délices de nos mots, pas plus.

Tout était instinctif, tout était feeling, sans que nous ne cherchions plus de ces dialogues. Nous communiquions comme vous auriez parlé à votre ami de longue date car nous nous percevions plus que nous ne nous décrivions. Je pouvais deviner un soupir, savoir ses mains qui dansent et s’agitent sur le clavier pour me délivrer une dose de volupté, je devinais ses sourires dans l’ombre de nos nuits. Tout était comme dans ces films à suspens qui vous donnent le frisson deux heures durant. Je crois que ça doit se rapprocher de ça, une sorte de recette savamment dosée entre du Hitchcock et du Polanski. Et moi, chaque jour je devenais la Diva de son scénario, il fut un réalisateur de génie, sa caméra couvrait à la fois une infime partie de moi mais suffisait à révéler ce que j’étais, ce que j’aspirais à être, ce que je suis devenue….

Je lui délivrais une image de moi….J’avais peur de briser la beauté de ces non-dits, de ces sensations immatérielles, de cette improvisation. Je crois qu’à la manière de l’étoile qui frôle le firmament, je suis devenue la Reine de son empire spirituel…

 « Déjà mon coeur palpite sa beauté me traverse comme une météorite. Je la découvre  sur mon ordinateur, je suis son seul auditeur et le seul spectateur de sa beauté,  je me sens déjà devenir jaloux  en voyant une bretelle  de dentelle blanche dépasser de son chemisier,  j'étais comme  un explorateur, comme un scaphandrier, descendre dans son coeur et aimer cet Ange consolateur.
Je restais en absolution devant cette image, mandant un sourire impossible. Savoir que ses mots avaient une forme, un contour délicat, mon coeur devenait énorme et je voulais tout d'elle : ne plus mourir, être immortel, la protéger, la défendre des soucis de la vie. Son regard me dictait le chemin d’un souterrain trésor, sans que je ne puisse plonger mon âme dans ces perles d’or. Une expression à la fois sensuelle mais tout autant spirituelle.
Je te veux femme immatérielle, Reine de mes mains endormies, Duchesse aussi, Diamant taillé dans l’absinthe de mes désirs, aimante comme amante, souriante comme insouciante…».

Il voulait tant, je ne demandais rien, mais ma pensée s’abandonna dans la profondeur de ses mots, et je dois admettre que le plaisir me gagnait. Tout a chaviré, tout a déferlé sur mon être sans que je ne veuille tendre la main vers le rivage….L’océan de sa pensée ainsi révélée, me donnait le droit au plus mystérieux des possibles : le naufrage de nos deux consciences ainsi liées….

A suivre

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Publié dans Mes écrits

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