Chronique d'un destin peu ordinaire.

Publié le par La_Babiche

Une rencontre ?
.2.


La rencontre, c’est peut être le moment où vous prenez conscience que votre interlocuteur projète vos propres pensées.
Je devrais commencer par lui, lui et encore lui, mais lui est devenu moi, projection de ma propre conscience. C’était une de ses soirées d’automne, mon regard était suspendu aux images colorées du tube cathodique. Mes questionnements relatifs à la profondeur des rapports humains prirent un autre jour lorsque la question fut évoquée par son âme adulte :
« On ne peut pas jouer avec un cœur blessé, rire et en profiter charnellement pour se faire plaisir et salir ce que tu as de plus cher au monde : ton corps ». De nombreuses phrases de son cru sont encore attachées à ma propre bouche tel un chapelet protecteur. Je pourrais de la sorte décliner les paroles qu’il avait appris à exprimer.
La rencontre c’est peut être ce premier contact.
Muet oui, je l’ai rencontré alors qu’il ne disait mot, je l’ai rencontré ce soir d’hiver alors que mes doigts glissaient sur ce même clavier. Une sorte de forum consacré aux résultats des examens universitaires. Je cherchais en ces lieux des réponses sur les développements relatifs à une question historique qui m’avait été posée la veille : Pourquoi l’empire romain avait-il connu pareille défaillance lors de sa prestigieuse ascension politique et culturelle ? Il était là également, lisant les réponses des maîtres sur la question, tantôt des idées reprenant la théorie empiriste des historiens réputés, tantôt des hypothèses avançant de nouveaux axes de lecture.
Mais ce soir-là, qui me semblait durer une éternité, soir aussi brillant que la puissance romaine passée, j’ai cessé de me tourmenter moi-même en lisant ces lignes :
« Help me ».
A qui avais-je donc l’honneur ? Pourquoi au milieu de nulle part, perdue dans les méandres des textes historiques, ce message m’apparaissait ?
Je répondis juste :
« Oui ».
A cet instant, je ne savais pas que j’allais sublimer un homme qui tenait près de sa tempe un revolver. J’allais faire de ce mime des souffrances, le colporteur des écrits les plus novateurs. Il allait mourir, je ne voulais plus vivre, et nous nous sommes unis dans l’incompréhension de cet échange virtuel.


A suivre

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Publié dans Mes écrits

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