Chronique d'un destin peu ordinaire.
Au commencement, un huis clos sentant la délivrance.
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…. Aujourd’hui encore, la signification exacte de cet émoi littéraire m’échappe : pourquoi avait-il choisit cette journée, ce lieu et ce moment pour lâcher ces trois phrases ? Je ne saurais probablement jamais. Mon esprit carencé par trop de souffrances tente de livrer les bribes de ce passé obscur.
Ce dont les derniers mots que je puis entendre de sa bouche. Il les laissait s’échapper comme autant de flots argentés, des paroles poétiques, lyriques presque intemporelles. Lui l’oublié des autres, lui à qui j’avais tendu ma main il y a déjà bien longtemps. Je ne me souviens plus de la date exacte. Je puis juste dire qu’il y a quelques années, il était encore muet. Notre rencontre s’est faite dans le silence virtuel, ces absences de bruits dont seules les plus grandes cathédrales ont le secret. Déesse je suis devenue, maîtresse de son destin, je le faisais grandir, en témoignent ses propres paroles que je vous retranscris avec émotion :
« Maintenant ton corps s'est durci tout ton être est tendu, ton esprit si vif, si léger s'est obscurcit. Etrangement, tu sembles peser des tonnes. Ton visage crispé se déforme l'angoisse te taraude, tu ne reconnais plus rien, des sanglots viennent, des larmes coulent libérant cet étau qui t'enserre tu enfouis ta tête dans l'oreiller comme pour étouffer ce cri qui te semble monter de ce corps qui t'échappe et pèse comme une chape ».
Il était là, me déclinant des syllabes qui s’enchaînaient avec logique. Mon corps, cette entité qu’il regardait avec son regard profond, lui donnait matière à exprimer mes dons légués à son âme. Il m’érigeait à la manière des plus grands sculpteurs, sans que je ne puisse lui répondre. Qui de lui ou de moi était au firmament, je l’ignore…
Je me souviens juste de sa main levée en direction d’une photo suspendue négligemment sur le pan droit de cette bâtisse.
Et de l’âme en souffrance, du saltimbanque des cœurs, j’avais fais un ange…
Il ajouta cette ultime phrase qui marque le commencement de ma réflexion :
« Regardes. Voilà ma vie : sentir ta main douce et fine descendre sur mon corps et ton coeur se blottir en mon âme ».
Je compris à cet instant que mes années passées à ses côtés avaient bien réussies à ouvrir son cœur, son cœur était béant, là devant moi, telle une plaie lacérée par des milliards de déceptions invisibles, son cœur était devenu le tombeau de ma propre conscience….
…A suivre…