RéflexionS...
Est-ce que la réviviscence de ce que nous sommes reflète sans cesse dans un recoin du miroir qui nous fait face ? Manifestement, les pas qui nous éloignent des instants passés nous rapprochent toujours un peu plus d’une sorte de reconquête inconsciente des maux que nous avons su apprivoiser à la manière du dompteur qui fait plier l’animal…Fatalement, de ce que nous sommes, malgré notre aptitude à l’admettre, le dissimuler peut être, pour mieux nous en protéger.
Le tigre revient toujours à un moment donné de son existence sur ses pas et l’ombre du fouet encore gravée dans sa mémoire le lui rappelle… Tous les coups évités, toutes les heures à tourner en cage face au bourreau, toutes les images qui transpercent son esprit qui n’était pas destiné à être asservi par la main humaine. Je ne sais quel fouet nous fait fuir, est ce seulement un fouet ou une trop ardente terre inconnue et pourtant, devinée ? Quelle affliction légitime une esquive ? Quelle souffrance peut expliquer une appréhension si vive de ce Jour et de ceux que nous effaçons doucement de nos pas légers ? Nous demeurons des animaux… probablement la seule hypothèse, si humaine soit-elle, qui peut en partie nous faire craindre le joug de l’aliénation à la plus douce des tiédeurs.
Nous fuyons toujours quelque chose, inconsciemment ou non…Nous nous dérobons à la vue de mots trop puissants, de réalités trop sombres, de maux ensevelis, morts-vivants qui vous dévorent patiemment.
Parfois, à la manière du tigre, la peur du fouet est telle, que la seule issue possible est tristement la plus lâche : l’échappée sauvage.
Babiche