Et pourtant.
Il s'agit de ramasser lentement les mille éclats de verre....Il y en a partout, certains me pénétrent avec la violence de leurs saillantes formes. Des gouttes de sang invisibles qui m'empêchent de regarder le soleil que vous implorez tous d'apparaître. Ce bout de verre là me transperce en plein mon être glacé, mon agonie douce-amère se prolonge jour après jour. Que l'on m'achève, que ces larmes cessent, que mon être soit anéanti sous des pierres, des masses de boue, sous des cris....
Je décroche et je m'en moque, je ne crois pas en ma capacité à sortir de ce trou dans lequel je me suis glissée avec délectation. J'étais bien moi avec ma bougie, mes peurs, mes horribles maux, mes excès, mes souffrances....J'étais bien de ne plus côtoyer la vie qui défile sous mes yeux...Mais c'est pourtant terriblement déshumanisant...
Tout le monde fuira cet être de glace. L'amour n'existe plus, il frôle les cimes étrangères aux miennes. Sans amour tu crèves....Tu crèves vivante, et la peine est capitale.... Je sais pas où je suis...mais tirez vous...je crois que c'est mauvais pour vous....Moi...je gère...C'est ma VIE....C'est mon_chemin....
Y a des bouts de verre partout, je n'ai que deux mains, je n'ai plus de rêves, j'ai pas de forces...Je maudis cet Hiver qui assassine la moindre lueur que je parviens à lire dans une étoile, le regard de mon chien....
Le sang déferle sur ce corps que je traîne en vain de terre en terre, de chaise en tabouret....du balcon à la forêt...Je me noie dans le sang de ma mélancolie, il etouffe mes inspirations....
Je crois que je me noie....Je sais plus nager....C'est con....con....
_________________________________
Babiche
