____Bad Angel____
Extase du Vide
Brume étreinte de mon amant le plus ardant que je connaisse : Eole caresse de sa violence mon visage encore tiède des vapeurs de la foule des travailleurs. Une bute au milieu de nulle part, surplombant les sublimités urbaines. Plus haut, encore plus haut, gravir, gravir encore les invisibles étages portant à son comble, mon extase. Je quitte les sonorités d’accordéon pour me laisser gagner par une voix profonde, tonalité criant son désespoir ascétique.
En vagues successives, les accords assènent les lentigos du vent qui s’accroissent. Mon corps se glisse en profondeur dans l’abîme des notes, de cette voix extasiée, épousant Eole pour qu’il me donne le frisson. Le vide est à mes pieds, déshumanisée je sacralise cet instant en fermant mes yeux à peine humides de ces bourrasques qui dévastent mon être glacé.
L’émérite m’est offert au hasard de ma flânerie matinale. Ils dorment, ils ne savent pas que l’on peut côtoyer le merveilleux en gravissant cette colline là. Je suis seule, peut être quelques âmes bohêmes ; bouts de verre jonchant les pavés, traces laissées par les ivresses de la veille. Émanation du Paris endormie, une odeur infime de poussière où seules les pierres font corps avec vos mots qui résonnent.
Fermez les yeux….encore….encore….Vous êtes si haut, si vulnérable aussi, paradoxalement…vous trouvez votre jouissance dans votre propre immatérialité, car vous dominez tout, en devenant Néant…
C’est un café noir qui recueille mon être apaisé de son envol, ce café est marqué d’une touche particulière : il émane de lui des accents fruités de Sancerre. Puis, une ruelle, mes talons se plantent entre les pavés, les artistes arrivent pour peindre les sourires, les visages, les figures, les misères…
Paris l’éclatante s’éveille… Place à la Diva des cœurs amoureux.
Moi, encore transcendée de la force solitaire retrouvée, je m’éclipse à la manière d’une étoile, dans un coin secret de mes souvenirs…
Babiche (13.09.2005)