Mon Hiver.....

Publié le par La_Babiche

 

Ce jour là, j’entrouvris la porte, j’étais la seule à pouvoir me faufiler entre ses grilles d’acier. Je savais bien que je franchissais le pas me condamnant à l’exil de la glaise humaine. Aura que mon esprit m’édifiait, je ne pouvais lutter contre l’appel de la délivrance, affranchissement que je savais bien trop imminent pour m’y refuser.

La porte a claqué derrière mon passage, en quelques minutes mon corps fut recouvert de givre, des cristaux paralysaient ma chair. Silence. Atmosphère bleutée teintée de blancs sommets, rocs de flocons figés au sommet des gigantesques montagnes. Ecueil laissant filtrer quelques ondines magiques, celles qui ont le secret de ne pas geler sous le blizzard qui me transperce.

C’est l’embrasure de mon Hiver que je viens de franchir consciemment. Le bleu exsangue épouse à merveille mon blafard visage, et me voilà parée de l’enveloppe qui assassine les sentiments. Elle est légère, presque insensible, elle décline en nuances de blancs, les larmes déchirant mes yeux. Sillons qui ne parviennent à briser la glace s’accumulant sur mon visage. Cristalliser les anges, c’est une bien terrible sentence…Crucifier mon être de l’indifférence des clous du frimas…

Il n’y a rien, mon cadavre léthargique se déplace sans rien quérir. Je ne cherche plus, les Augures humains, les magiciens des nuits étoilées, les Prophètes aux accents doux ont disparu. Ici, reste ma dépouille humaine en lutte avec mon âme cristallisée. Un coeur d’ange mue cette inconvenante du bal des sacrifiés de l’Amour.

Cœur d’ange ne détient plus de sang en son être, les vampires de la jouissance éternelle ont puisé jusqu’en ses entrailles la moindre goutte de liquide. Cœur d’ange connaît cet hiver perpétuel, son corps vidé de sa vitale essence, ne peut plus réjouir en terre humaine.

Alors, je regarde les étoiles, le zéphyr m’a figé au firmament d’une cime de laquelle je peux distinguer des milliards de célestes cristaux. Dans le froid je me fonds, disparaissant aux regards des hommes, et ma peine porte le nom d’Eternité. Les étoiles pénètrent mon corps, pour mieux me déverser  le fluide de vie, celui qui fait perdurer l’hiver.

Contrainte, cristallisée, effacée des âmes estivales, ma lividité glace les plus valeureux chasseurs, mon regard les assassinent, aucune émanation ne peut faire fondre cette solide enveloppe. Et je ramasse les cadavres jonchant les pieds de ma colonne du vide, ils supplient, les bras levés vers les cieux infernaux, mon aumône de les laisser vivre…

Le dernier fut un mercenaire déchu, je voulais lui laisser l’émanation vitale…Mais personne ne peux survivre en cet Hiver….si….Moi….

Moi….

 


Babiche (08.09.2005)

 

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Publié dans Envolées

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J
Tiens sur tes envolés lyriques, voici un lien sur la musique dorienne. Tu seras intéressé si tu connais pas, j'en suis sûr. Bisous à ma biche adorée.
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P
yes ma puce je crois que je vais faire un malheur je te donnerai d autres infos pour mes favoris merçi a toi <br /> bisous papy hug
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A
Bonjour ma Babiche !<br /> <br /> Il faut que je t'avoue que, une fois la lecture de tes textes finie, je ne sais que dire... Je reste là, à les relire ou à les méditer, mais en parler je ne peux pas, étrangement... j'ai l'impression que je veux leur laisser leur pureté !<br /> <br /> Quant aux livres que je conseille, j'espère qu'ils te plairont si tu te hasardent à les lire. Sache en tout cas qu'en matière de livres, contrairement aux films, je suis très bon public donc il est rare qu'un d'eux me déçoivent ! Ce n'est peut-être pas le cas pour tout le monde...<br /> <br /> Bonne fin de journée ma Babiche, biz
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