Qui me croirait???
J’ai croisé la Folie, cette légèreté de l’être, où sans conscience vous demeurez.
Elle était chaude, sa tiédeur faisait perler sur son visage des gouttelettes de sueur, à peine perceptible. La Folie portait le masque de la clarté, peut être pour mieux m’éclairer dans le dédale de ses cachots. La Folie est demeurée silencieuse, immobile près de moi, regardant mes propres mots perdre leur consistance. Je crois avoir distingué un sourire, perle trop brillante qui a reflétée dans les miroirs de la géode.
Folie a voulu danser en épousant mes courbes de la déchéance, ce corps oublié des mains humaines, cette âme perdue nulle part, au milieu des volutes, elle portait du rouge, le blues entraîna sa tête lourde dans la transe mélancolique.
J’avais ce besoin presque vitale de lui parler, moi qui l’ai si souvent implorée de me dérober à cette assassine condition humaine. Mais son vertige des sentiments, sa froideur toute rassurante, m’arrachaient ma propre lucidité. Ce n’était pas un duo mélodieux, peut être un duel des sensibilités, une union de la déchirure.
Elle m’a juste dit quelques phrases….J’ai alors compris qu’elle était capable de communiquer avec moi…Elle se gardait bien de me le faire savoir, ce fut juste avant de me laisser dans ma turpitude des nuits sans amour, qu’elle déclina ces mots…
« Toute passion est éphémère »
« Tu es comme moi… »
« ….. »
Cet ultime silence était un « je t’aime » de l’ivresse. Sa chaleur lui incendiant le corps, faisait de cette Folie un Everest de la déraison. Elle était trop belle, trop brûlante, trop haute….
J’ai compris à l’aube de ce nouveau jour, que je ne fus qu’humaine, Folie m’a refusé le voyage perpétuel, celui qu’il est offert de faire près d’un océan de la tristesse, près d’un sommet de la nostalgie…Prés d’une larme de la mélancolie….
Folie m’a abandonné au hasard de mon sommeil…Je ne voulais pas la quitter, mais ma fatigue était en proie avec cette hôte si différente. Elle a gagné, en fermant mes yeux, je ne savais pas que je fermais la porte de ma libération, de ma renaissance nocturne, de mes rires perdus dans la sombre nuit, ces rires qui gagnaient les accents de blues...
Elle a tout ramassé, elle est partie….Folie, tu m’as envoûtée…pour mieux m’abandonner….
Babiche