Des mots....
Vestiges de mes heures passées recluse en mon silence, les mots sortent de mes mains sans que je ne puisse les contrôler, sans que je ne veuille les emprisonner...On semble m'envier cet art que j'ai de manier les précieux instruments au service de mes émotions, quelque part, devant pareils compliments j'esquisse un sourire, car paradoxalement, plus j'enchaîne les mots, plus ma prison est étanche, plus les évidences me sont apparentes, plus les regards me sont invisibles... C'est un univers de magie, c'est un univers qui dresse autour de ceux qui y pénétrent une barrière invisible...Les mots? J'y suis venue il y a trés longtemps, peut être à partir du moment où je me suis sentie incomprise dans les relations sociales, peut être au moment où j'ai perdu mon Diamant...Je ne sais pas...
On parle d'éxutoire, de pouvoir libérateur, on les targue de tous les bienfaits possibles, comme si cet opium grammatical était une esthétique de la guérison...Je ne pense pas être en train de guérir, car de fait ma lucidité (toujours présente) me force à constater que je ne suis pas malade...Ma pire maladie sous les éclats apaisants des mots est peut être ma lucidité, ce réalisme qui en ferait pâlir beaucoup...
Reste que ce soir j'attache une nouvelle fois mon regard sur des mots, je les utilise pour graver en cet Eden de Fortune quelques émotions tirées au couteau de mon esprit... Il reste les mots, mots..mots...
Plus une présence, plus une main, plus une caresse, la torpeur de mon esprit anéanti par le passé, les mots sont ma morphine comme je le disais...Ce soir la dose est trés élevée, overdose de littérature, d'écrits, que je bois comme une biche assoifée depuis des années...
C'est sans limites, je dévore les mots, je les décompose, je les cherche, je les habille de velours pour taire mes faiblesses....Je suis la colombine à la plume volante, je suis ....ce que je ne suis plus, ce que je ne serai plus....De fait...Les mots sont ma survie en cette terre trop hostile...
Et pleurer pour des mots, devant des mots est la plus pure des sensibilités me restant à cette heure. Je la défends à la force de cet écrit, à la force de ce que je crois être des combats justes. Je place au sommet de cette pyramide quelque peu épique, un combat qui demeura le mien tant que le Prophète me donnera le souffle de l'écriture, j'ai nommé: ESPOIR...
Babiche