Chronique d'un destin peu ordinaire.

Publié le par La_Babiche

Ses ivresses
.17.

« Je suis foutu Ange…


Mes études ne m'intéressent pas, seul le souvenir de toi, poétesse, me fait oublier ma tristesse, je ressens encore tes caresses je pense à nos promesses. Je ne supporte pas ton départ. Sur les quais, je traîne ma santé fragile, je pousse les portes des asiles, je bois, je vacille... Ivre je tombe, des crevasses partout, plus une issue, la Folie m’enferme de nouveau, triste écho de mes bourreaux. Tout se craquelle sous mes pieds, mes bras trop lourds ne peuvent trouver le ciment nécessaire à ces maux qui ruissèlent.


Je suis foutu Ange….


Je veux noyer mon esprit, dévaster ce corps, sombrer dans la lenteur de ma propre agonie, ne plus entendre tes mots trop insensibles, oublier cet amour, les douces heures de ce sanglot de l’âme.
J'ai envie d'hurler, de cracher, de dégueuler cette souffrance aux visages des apôtres qui me possèdent, le vin me fait tituber, je tombe je sens une odeur fade, celle de mon sang, je ne sais pas où je suis blessé, je parle tout seul…La chemise blanche est pourpre, maudis rouge qui me rappelle ta robe de satin, maudis rouge qui m’inscrit ton visage sur mon corps exultant. Les réverbères me déclarent la guerre, trop de lumière, mon litre cassé par terre, je désespère, le vin dans mon corps opère : je sens sa chaleur, ce mélodieux enfer : encore Lucifer, emprisonne mon âme toute entière, dans tes éclats de fer au souffle incendiaire.
Une sirène de police au lointain ... Me souvenir .... Palper le virtuel, respirer une passion,  j'implore cette demoiselle.
Plus rien….C' était écrit…Ange de l'oubli ».

 

Mots écrits dans l'empire trop cruel de sa propre déchéance.

 

Moi j’ai brûlé un cierge…Je me suis assise par terre, et j’ai pleuré les larmes de son propre univers. Errant, seul, dans sa folie emprisonnée, j’étais au creux de ma propre souffrance, tentant en vain de recueillir la sienne. Mon cœur ouvert, organe béant implorant un peu de répit…
J’ai saisi la bouteille me permettant de gagner à mon tour l’ivresse. Et si loin de lui, je suis certaine que cette nuit, nous sommes deux dans le dédale libérateur de l’abandon de soi à l’alcoolisé élixir.

Le cierge s’est éteint, ma tête s’est posée sur un coin de son épaule, pour mieux me fondre à ses larmes de sang, pour mieux croire que la Folie lui laisserait de nouveau des instants de repos.

Le cierge s’est éteint, je ne me souviens plus, je ne sais plus, je sais simplement qu’au matin venu, mes joues avaient le goût trop salé des nuits de torture. Mon bourreau était mon Ange, Lucifer son hôte, mes ailes brisées, mon âme…..abandonnée.

Deux, immatériel, intemporel....Deux dans la nuit blême, deux à chercher le chemin de notre libération. Deux, mais terriblement seuls. Duo orchestré par la larme qui coule sur nos visages dévastés.

A suivre.

 
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Publié dans Mes écrits

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J
Bonsoir Babichon....ravie de te retrouver en ce dimanche soir...tes textes sont sublimes...déchirants mais si vrais....il me parlent et me font vibrer...je pourrais me reconnaître dans beaucoup de tes phrases si réalistes...que ce soit la narration de l'ivresse car je connais le mal de l'alcool mais aussi le texte de Paul Eluard....je me fais rare parfois mais je lis beaucoup...et je m'enrichis d'êtres tels que toi....courage dans les moments difficiles et continue d'écrire....je pense bien fort à toi....prends bien soin de toi...toute mon affection....plein de tendresse...gros bisous...Josica
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