Chronique d'un destin peu ordinaire.

Publié le par La_Babiche

Folie
.4.


Jamais vu, jamais senti sa main sur la mienne, jamais senti son souffle tiède dans le creux de mon cou. Et pourtant, cet épisode que je vous ai narré appartenait bien au réel. Je me force à le nier, l’oublier, l’enterrer dans la plus belle des stèles qu’il soit : mon cœur.

L’intensité de ce moment était sans communes mesures, plus chaud que la lave de l’Etna qui descend les crevasses érodées, plus haut que l’Everest rivalisant avec l’astre solaire, plus réel que la morsure mortelle du boa. En ses mains de poète, il faisait de ma personne le refuge inespéré de sa propre vie.
Peu après notre premier échange, il avait ôté le revolver de sa tempe, mais le lendemain j’avais compris que je côtoyais la folie…Folie naît de la négation de cet ange oublié des mortels :

« Et soudain, la fureur m'agite, je crie et je me débats tout m’échappe. Je me retrouve maintenu, saisi par des bras puissants, écrasé à terre, maintenu. Une piqûre m’est infligée sur mon corps tendu. Et je me retrouve dans une geôle avec la camisole.
Le silence terrible martèle ma tête plus que tous les bruits, c’est  partout la nuit, les murs matelassés de ma cellule me semble des libellules! 
Et j'hurle l'oppression, cette angoisse qui me piège et ce corps attaché qui n'est plus lui, qui m'est étranger et qui s'enfuit. Je cherche une image dans la nuit qui me rattache à la vie, mes souvenirs trop jeunes passent devant mon esprit, la faible lueur d'un ange qui semble trouver mon coeur de sa blancheur, vient me troubler. Son image virtuelle me hante, dans cette prison ou les murs se resserrent. Mon ange de charité ».

A suivre

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Publié dans Mes écrits

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