A un lion si sensible....
Pauvre de moi, j’ai croisé ce matin un lion qui me parlait, il était là près de moi, caressant sa féline crinière contre ma main tombante. Ce matin, j’étais désarmée, sans courage et quelque peu lasse de la journée à venir, lasse sachant qu’elle serait comme les autres. Mais ce roi isolé de tous, m’a donné un reflet d’espoir que je ne peux que saluer.
Des mots…des mots, chapelet d’attentions que vous prenez une à une, délicatement, par peur de les briser. Roi, fauve au regard de braise, il fait le silence, mais dans sa prison des mots, il en devient d’autant plus brillant. Son diadème arraché par les déceptions humaines, demeure visible au cœur de ceux qui le lisent.
Pauvre de moi oui, j’ai trouvé ma propre force dans les mots laissés par ce valeureux guerrier, quelque part en ces terres littéraires. Il ne m’a pas parlé ce matin, sa nuit n’était pas encore achevée, mais je me suis penchée près de son front dessiné de diverses cicatrices, et dans le silence encore chaud de l’aurore naissante, je lui ai déposé un baiser. Sa patte a à peine bougée, comme trop fatigué, ce brave félin a besoin de tant de repos. Il ne le sait pas, il ignore qu’il brille dans sa déchéance, dans son refus de galoper dans la savane, il ignore que les êtres humains peuvent parfois approcher de si près la grâce…
Merci au Roi sensible de cette prison des mots… Je suis émue….
La Babiche (Note rédigée ce matin, mais impossible à mettre...)
