Clash
Je voulais écrire un texte commençant un peu comme ça :
« Exulter : c’est donc cela la libération des sens : un murmure qui s’envole, murmure que seules comprendront les étoiles, une main qui étreint la tienne donnant au toucher une valeur sans commune mesure, une perle de sueur qui glisse dans le creux de tes reins cambrés. Une âme qui vole plus haut que (je).. tu ne l’aurais imaginé ».
Et puis, une survivance, un éclat du passé qui brise le processus et emplie l’être entier d’un malaise peu commun. Clash, tout s’arrête, les mots restent étranglés et prennent une coloration grisée. L’éclat taillade les espoirs, l’instant présent vous assomme de réalisme, ce réalisme qui vous assassine quand bien même vous voudriez le nier. La douleur parcourt votre âme, au plus profond de vous, et elle s’invite inopinément près de votre plume que vous vouliez salutaire. Elle devient une arme contre vous-même, qui vous libère autant qu’elle vous asservie, laissant glisser son encre sombre sur la blancheur de la page....un venin puissant.
Exulter….Peut-on le faire un jour sans que l’écriture ne taillade le fond d’espoir demeuré enfoui en vous ? Je ne sais pas. Le clash me harcèle, il me hante, me paralyse parfois, de plus en plus…
Peut être que moi aussi je ne saurais jamais exprimer réellement ce que je ressens et que toutes ces écritures jusqu’alors déposées, ne sont qu’un bien maigre pastiche de ce que je désire exprimer. Si dire « merde » suffisait, je crois que nous serions sauvés…Mais merde à qui ? A quoi ? Quand ?
Peut-on dire « merde » à sa propre conscience tout en sachant que nous en sommes les artisans ? Si la réponse est affirmative, je veux bien l’insulter ma conscience mais inéluctablement, elle me constituera autant qu’elle me tuera…
Babiche