Scène banale....
C'est un couple pas comme les autres que j'ai la chance de voir tous les jours de ma semaine...Un jeune homme jeté à la rue et son compagnon d'amour: son chien...Certes, nous en voyons des tas ainsi désherités de tout et de tous, oubliés des regards comme des offrandes, étendus sur le trottoir sans que le rythme incessant de nos pas ne puisse un instant, une fraction de secondes distinguer un peu de cette tristesse là...La plus humble qu'il soit à mon avis, peut être la plus respectable aussi...Cela n'engage que moi...
Mais ce "couple" là n'est pas comme les autres, comme un incident de parcours qui n'aurait pas du se produire je pense, comme deux silhouettes qui s'accordent trop mal aux pavés parisiens...Moi, je regarde cette petite truffe de chien et la main de son maître toujours sur un coin de son dos, le caressant, ils sont toujours à moins d'un centimètre l'un de l'autre...C'est une émanation d'amour, l'amour pur et beau, celui qui vous force à continuer le_chemin...Ce jeune homme doit avoir tout au plus 28 ans, sa truffe d'amour semble ne pas être trés agée non plus....
Ce jour, en passant...là près d'eux, ma sensibilité m'a prise à la gorge et les larmes me sont montées aux yeux lorsque....ils étaient assoupis tous deux, là, parterre...une dame a réveillé doucement le jeune homme, la petite truffe n'a pas bougé...elle lui a glissé (je crois) deux billets de 10 euros dans les mains et mon regard à croisé cette scène peu banale. Tellement troublé le jeune homme avait les yeux comme devant un trésor, il regardait les billets et cette dame qui commençait à caresser la petite truffe...Tout cela se passe trés vite, si vite...Personne ne distingue rien, si moi...Je me suis arrêtée...Je suis rentrée dans quelqu'un aussi car mon regard ne quittait plus cette scène d'amour, amour de la rue, sensations authentiques....J'ai pris mon RER, la station est à quelques mètres de mon couple...
Demain j'emmène des os pour la petite truffe (mon Donald serait à coup sûr d'accord pour partager sa pitence, sachant qu'il vient lui même du refuge)et je prendrai un croissant pour son maître...Il y a une boulangerie juste à côté...Demain...Je déposerai cela près d'eux, je n'oserai pas les réveiller s'ils trouvent un peu le sommeil dans cet enfer des pavés...de l'ignorance...Une chose est sure, ce soir quelqu'un pense à eux....
Douce nuit,
Babiche