Sans titre...Sans case....
Elles demeurent étouffées ces larmes, comme pour mieux sillonner l’ensemble de mon être glacé. Nauséabonde odeur des pensées mortifères, éparpillant lentement leurs fades senteurs dans l’ensemble de mon univers, elles laissent une trace de présent sans lendemain.
Les étoiles sont mortes dans le spectre de mon regard trop songeur, il me reste quelques poussières de cristaux qui viennent se poser contre mon cœur battant. Rien, vide des mots, vide des corps, vide des âmes…Cœur sans cœur, être sans demeure… pour poser ses rêves, juste une valise de souffrances qui s’échoue en ces terres…Errance dans les dédales des tristes illusions de la vie.
Combien ? Combien ? Combien sommes-nous ce soir à ressentir l’inhumanité de l’ultime désespérance ? Combien sommes-nous à chercher en vain un réceptacle assez profond pour boire notre peine ? Qui ose défier l’élixir ou le vertige des hauteurs pour se répandre comme une once de larmes contre le sol abrupt ? Qui parvient à croire, à prier, à penser ?
Elles demeurent étouffées ces larmes…Pas une main, pas une chaleur surgie de la malle des souvenirs trop lourde à porter…Pas un éclat de rire, pas un centième d’espoir. Vivante j’étouffe de ce froid polaire, la seule âme capable de recueillir ma pauvre pénitence doit être morte avant même que je ne naisse. Qui, qui peut encore croire en la profondeur des êtres ? Des instants ? Des rêves ?
Qui oserait proclamer la République des Souffrances légitimes ? Souffrances qu’il m’est impossible de taire, quand bien même elles demeurent douces-amères. Une touche de lumière est apparue dans le labyrinthe des possibles, mais la cécité a touché mon être du néant… Aveuglée, paralysée et tétanisée, isolée de ma propre Folie, je chercherai ma délivrance dans quelques larmes puisées au fin fond de mon cœur….Et demain, encore….la tristesse sera le flambeau de mon existence, parant mon regard de cette mélancolie si particulière.
Et demain….Demain sera….A la hauteur des cimes que je pensais gravir à la seule force de mes espérances, demain sera le glas de la longue marche sur le_chemin des déshérités de l’Amour, des oubliés de la vie…de la chaleur….de la Force.
Babiche